IN MEMORIAM

Notre ami Martial CODOU a rejoint la maison du Père le 15 janvier dernier à 7 heures. Nous sommes profondément attristés par son décès et nos pensées vont à sa femme et ses enfants. Martial nous laisse orphelins et nous devons continuer à faire vivre le Monastère Invisible Jean-Paul II désormais sans lui. Il peut désormais contempler sans cesse le Seigneur qu’il adorait si régulièrement dans le Saint-Sacrement. Le Monastère Invisible Jean-Paul II, mijp2, a perdu un serviteur infatigable ici-bas mais a gagné un intercesseur de premier choix pour porter nos prières à Dieu par les mains de Marie.

Né en 1954, Martial CODOU, fondateur et initiateur du Monastère Invisible Jean-Paul II, était diacre permanent du diocèse de Fréjus-Toulon depuis quelques années (1999).

Marié et père de famille (ils ont eu, avec son épouse Chantal, trois enfants Raphaël, Maxime et Rachel), Martial CODOU aura été un excellent pâtissier; un maître pâtissier doté d’un talent qui l’avait conduit à travailler avec les meilleurs de la profession dans les plus grands palaces parisiens, en Suisse et jusque dans les cuisines de l’Elysée.

De retour dans son village natal, il avait retrouvé la boulangerie familiale et régalé, de nombreuses années durant, les habitants de La Garde-Freinet (sur les hauteurs de Saint-Tropez) et de ses environs.

Histoire de la « conversion » de Martial à Međjugorje

Né dans une famille chrétienne pratiquante, Martial avait cessé de pratiquer à l’adolescence mais pas pour autant cessé de croire de Dieu. Bien des années plus tard, c’est à Medjugorje où la Vierge Marie l’a convoqué que sa Foi explose et sa vocation se dessine :

Tout a commencé en 1983, lorsque j’ai rencontré celle qui deviendra mon épouse par la suite. A l’époque, ni Chantal ma femme, ni moi-même n’étions pratiquants. Nous nous sommes mariés à l’église sans grande conviction et deux ans plus tard, alors que nous étions installés en tant que boulangers-pâtissiers à La Garde-Freinet dans le Var, je me réveille un matin en expliquant à ma femme que je sens intérieurement comme un appel à me rendre à Medjugorje (Ex-Yougoslavie). Mon épouse est étonnée, nous avions tous deux entendu parler de ce lieu de pèlerinage mais jamais ni elle ni moi n’avions songé à nous y rendre. Sans vraiment savoir pourquoi, je lui dis à quel point il me semble important d’y aller. Curieusement et instantanément elle me répond : « Eh bien écoute Martial vas-y ! ». Il y avait là un signe, car en y réfléchissant elle n’était pas du genre à me laisser partir seul en vacances alors que nous étions jeunes mariés.

Je me suis donc mis en quête de trouver une place dans un des cars, mais les deux autobus affichaient ‘complet’ depuis bien longtemps. J’étais un peu déçu car l’appel était très fort, je dus néanmoins me résigner. Quelques jours avant le départ, je reçus un coup de téléphone de la part de la société marseillaise qui organisait le pèlerinage, m’informant qu’une place venait de se libérer à la suite d’un désistement et que si j’étais toujours d’accord je pouvais faire partie du voyage !

Au fond de moi je me demandais ce que j’allais y faire. C’était un appel que j’étais incapable d’expliquer. Je ne pensai pas que j’allais y rencontrer Jésus ou Marie ; non, loin de moi ces idées, ce n’était pas mon souci. Je me sentais juste « appelé » mais appelé à quoi ? Je n’en savais rien pour le moment ! Alors je remontais dans le train, en me sermonnant tout seul : « Bon, allez, tu ne sais pas ce que tu veux mais maintenant que tu es dans le train, tu ne vas pas faire de comédie tout au long du voyage, tu vas jusqu’au bout, et puis s’il y a vraiment quelque chose là-bas tu l’accueilleras, sinon tant pis ». C’est à ce moment qu’il s’est passé quelque chose de très fort, et s’il y a eu un début de conversion, c’est dans ce train qu’il a eu lieu, pendant ce court instant où je me suis dit : « S’il y a quelque chose là-bas je suis prêt à l’accueillir ! » À ce moment, une partie de mon cœur s’est ouverte. Il me semble que la conversion commença à cet instant précis.

Il y avait beaucoup de gens de ma région et de mon village en particulier, dont mes parents qui ont été les témoins de ce que j’ai pu vivre sur place. Et d’ailleurs c’était amusant parce qu’il y avait beaucoup de personnes âgées dans cet autocar, et tout au long du voyage ils n’arrêtaient pas de prier, ils faisaient la prière du rosaire ! Et pour quelqu’un comme moi qui ne pratiquais pas, c’était tout simplement insupportable que d’entendre rabâcher sans arrêt ces « Je vous salue Marie » !

A Medjugorje, des pèlerins formèrent différents groupes et c’est tout naturellement que je suivis celui où se trouvaient mes parents. À l’entrée de l’église il y avait un tabouret sur lequel était déposé un petit panier, je voyais les gens s’arrêter et prendre un petit papier de couleur qui se trouvait à l’intérieur. Pour faire comme tout le monde, j’en saisis un à mon tour en le rangeant aussitôt dans ma poche de chemise, sans même regarder ce qui était inscrit dessus. Je suivais toujours mes parents et leur petit groupe. Ils entrent dans la sacristie, à droite du chœur de l’église, dans une petite chapelle se trouve dans le fond, une statue de la Vierge, bleue, lisse pas très jolie du reste, et à gauche, de manière très sobre, un crucifix sur le mur, et tout autour, des bancs et des chaises, les gens s’asseyent ou s’agenouillent et prient. Moi, je ne savais pas quoi faire, je restais debout dans le fond près de la porte comme si je voulais m’échapper au cas où il se passerait quelque chose.

À ce moment-là, et sans que je ne puisse rien maîtriser, je suis saisi par une chaleur qui rentre dans mon cœur, par une présence que je ne discerne pas vraiment, mais la seule chose dont je suis certain c’est que c’était une présence aimante ; je réalise cela en regardant la statue de la Vierge Marie. C’est fou, car je ne trouve toujours pas de qualificatifs pour exprimer l’intensité de l’amour qu’il y avait dans mon cœur, ce n’est pas moi qui aimais, mais je me sentais aimé… Puis je sentis comme une main posée sur mon épaule ; je me retournai alors, mais il n’y avait personne, j’étais pourtant saisi par cette main chaude et réconfortante, et je me suis laissé guider jusqu’à la sortie de l’église. Là, sur le parvis, j’aperçois de loin un homme en civil, il me tourne le dos et la main me dirige vers lui. Je ne le connaissais pas ; arrivé à sa hauteur, je pose ma main droite sur son épaule gauche et je lui dis avant même qu’il ne se retourne : « Mon Père, il faut que vous me confessiez ».

Comme cet homme était en civil, je ne pouvais absolument pas savoir qu’il était prêtre ! Je ne savais pas définir ce qu’il m’arrivait. Et d’ailleurs, je réalisais que je ne savais même pas me confesser. Je ne savais pas ce que je devais dire ni comment je devais le lui dire, je sentais juste qu’il fallait que je me confesse. Il me tapote la joue avec un gentil sourire et me dit : « Ne vous inquiétez pas, j’ai l’habitude, ici il y a beaucoup de cas comme le vôtre, suivez-moi ».

C’était un prêtre anglais, qui parlait très bien le français avec une légère pointe d’accent. Cette main discrète et douce m’avait conduite jusqu’à lui, et avec le recul je sais que c’était la main de Marie. Il faut accepter que certaines choses nous dépassent, et avoir l’humilité d’accueillir les signes sensibles que le Seigneur nous donne, il est notre Père, il nous aime et on ne peut le priver de ce droit de nous aimer de manière sensible, moi j’en ai eu besoin et il l’a fait. C’est une grâce que j’ai reçue par l’intercession de Marie à qui je voue un amour inconditionnel.

Ma confession dura plus d’une heure et demie, un long moment au cours duquel je me rendis compte qu’il y avait des zones noires dans ma vie, mais il me dit qu’à partir de maintenant j’allais pouvoir tirer un trait sur mon passé, sans pour autant l’oublier ; que j’allais naître de nouveau en recevant l’absolution. A cet instant, une intuition me fit penser à ce petit papier de couleur que j’avais pris dans le panier en entrant dans l’église quelques instants plus tôt et que j’avais glissé dans ma poche… Quelle ne fut pas ma surprise en le lisant : « Il faut que l’homme ancien meure afin que naisse l’homme nouveau » ! Je regardais alors le prêtre dans les yeux, il me donna l’absolution puis me tapota de nouveau la joue de sa main avant de me faire la bise. A cet instant, j’ai eu le sentiment de voir Jésus m’embrasser au travers du prêtre ; je peux affirmer que c’est là que je suis tombé amoureux de Jésus et de l’Eglise. La chaleur d’amour ne me quittait pas, j’étais déjà aimé de l’intérieur et c’est alors que je me mis à l’aimer en retour.

Comme je n’éprouvais pas vraiment de repentir, je peux dire que je venais d’expérimenter cette prévenance gratuite de la Miséricorde Divine. La nuit tombait, et comme la Messe allait commencer, le prêtre m’a quitté pour aller concélébrer. De mon côté, je rentrais hâtivement dans l’église par la grande porte. L’église était pleine ! J’arrivais néanmoins à me frayer un chemin au milieu des fidèles, pour me retrouver presque au fond, sur le côté gauche. Il m’était impossible de voir l’autel, car tout le monde était debout, les bancs ayant été retirés pour accueillir un maximum de fidèles en ce jour de Toussaint. Je ne comprenais pas la langue utilisée par le célébrant mais je me souviens que mon cœur vibrait au son de ses paroles. C’était comme si je les accueillais directement dans mon cœur, sans qu’elles ne passent par mon cerveau, je me sentais nourri par chaque mot.

Au moment de la communion, j’étais fou de joie à l’idée d’aller communier. C’était la première fois que j’éprouvais un réel plaisir à aller chercher Jésus. Je me disais sans cesse : « Je vais chercher Jésus ». Vu la foule immense qui désirait communier, il n’était pas possible d’organiser comme à l’accoutumée, une procession centrale et ce sont alors les nombreux prêtres qui, le ciboire à la main, distribuaient l’Eucharistie aux quatre coins de l’église.

Excité à l’idée d’aller chercher Jésus je m’approche aussi vite que possible du prêtre le plus proche, j’attends mon tour patiemment et une fois face à lui, comme s’il ne me voyait pas, c’est à une autre personne qu’il donna la communion, j’insistai du regard et me plaçai de nouveau face à lui mais une fois de plus, comme si je n’existais pas, il passa au voisin ! Je me dirigeai donc vers un autre prêtre à une quinzaine de mètres de là, il me fallut d’ailleurs bousculer bon nombre de personnes pour arriver jusqu’à lui. Mon désir de communier grandissait et je fus soulagé en arrivant à sa hauteur. Bizarrement, il eut la même attitude que le premier prêtre et sembla également ne pas me voir. Je n’ai donc pas pu communier, il y avait bien un autre prêtre un peu plus loin mais le temps d’arriver près de lui, il avait fait demi-tour et était reparti vers l’autel. Je me retrouvais seul au milieu de la foule, empli de tristesse et d’incompréhension, je me culpabilisais, me demandant pourquoi je n’avais pas pu communier comme les autres alors que j’en éprouvais un besoin profond.

C’est alors que les gens qui se trouvaient juste devant moi s’écartèrent un peu sur environ 80 cm et je vis une allée s’ouvrir droit devant. Surpris, j’en arrive à oublier ma tristesse. Cette allée s’est ouverte jusqu’aux escaliers qui mènent à l’autel. Je ne pensais plus à la communion lorsqu’au beau milieu de cette allée, un prêtre descendit les marches de l’autel, le ciboire à la main, s’avançant lentement. J’observe la scène et lorsqu’il arrive à cinq mètres de moi, mon cœur se mit à battre très fort car je venais de reconnaitre celui qui m’avait embrassé après m’avoir donné l’absolution, juste avant la Messe. Il vint jusqu’à moi, souriant et me tapotant une nouvelle fois la joue, me dit avec son petit accent anglais : « Le corps du Christ »!

Aussitôt après avoir communié, j’entendis une voix dans mon cœur me dire très clairement : « Tu vois, par deux fois tu as voulu venir me chercher ; Je suis l’Amour premier et c’est moi qui viens me donner à toi ». Je pleurai d’amour, j’étais ému comme jamais et plaquais mes mains sur ma poitrine comme pour protéger ce trésor d’amour ; Jésus qui venait de se donner à moi. Dès lors j’ai compris et je proclame de tout mon cœur, qu’à la communion on ne va pas chercher Jésus mais qu’on lui offre la joie de venir se donner à nous dans son Amour premier.

Sur le chemin du retour, dans le car, j’étais par moment, à côté du chauffeur pour aider les pèlerins à méditer les mystères du Rosaire, j’étais toujours enseigné par « les paroles » que je prononçais et qui venaient de l’intérieur, le walkman de l’aller resta lui au fond de mon sac de voyage ! Lors d’un arrêt sur une aire d’autoroute, on me proposa de changer de car afin de témoigner et de faire profiter aux autres des grâces de conversion reçues. Je dois reconnaître qu’à l’époque des faits, j’étais tellement touché par ce qui m’arrivait que je n’ai même pas pu apprécier le bonheur de mes parents.

A mon arrivée à La Garde-Freinet, les choses ne furent pas si simples. Je n’étais plus tout à fait le même. C’est d’abord à mon épouse Chantal que je posais des problèmes. En effet, elle n’était pas convertie et avait du mal à comprendre mon enthousiasme quasi excessif sur le plan spirituel. Il faut dire que je vivais cette rencontre intime avec le Seigneur comme un coup de foudre amoureux ! Je ne pensais pour ainsi dire qu’à « ça » et oubliais trop facilement le reste de la vie. Heureusement que le curé de notre village, le Père Didier Proton, premier témoin de ma conversion, nous a soutenus. Il m’a personnellement aidé à conjuguer, si je puis dire, mon « devoir d’état » (ma vie conjugale et professionnelle) avec ma nouvelle vie spirituelle.

Parallèlement à tout cela, comme j’éprouvais grand besoin de prier chez moi, je choisis une petite chambre dans le grenier pour en faire un oratoire. Plusieurs artisans et jeunes du village, d’ailleurs de confessions différentes, m’ont offert de faire des travaux dans cette pièce pour en faire une belle petite chapelle que je nommerai par la suite : « Oratoire de l’Avènement » et qui accueillera, beaucoup plus tard, Sœur Emmanuelle du Caire et l’Abbé Pierre qui y célébrera même plusieurs messes au cours de passages au village à différentes occasions. Ce lieu a également été béni par Monseigneur Joseph Madec, notre évêque de l’époque, au cours d’une visite pastorale. Mais plus encore, c’est le lieu dans lequel j’ai reçu l’intuition du Monastère Invisible de Jean-Paul II, le soir de ses funérailles.

Vous étiez nombreux à suivre les émissions de Martial « Vous m’avez visité » sur Radio Maria. Le Père Mathieu Rey, directeur de la station lui a rendu un vibrant hommage :

« Lorsque je suis arrivé comme prêtre directeur à Radio Maria France en septembre 2015 j’ai découvert la place qu’occupait Martial dans le coeur des auditeurs. Cela ne m’a guère étonné, car je connaissais Martial depuis 2008. J’avais non seulement lu ses livres, mais parlait souvent avec lui, étant pendant quelques années à La Garde Freinet.

Au cours de ses émissions « Vous m’avez visité » il n’a cessé d’encourager, de consoler, d’élever des personnes souffrantes dans leur corps, dans leur âme. Quel ministère de compassion fécond !

Confronté lui-même à la maladie, il a continué jusqu’au bout à remettre sa vie entre les mains de Celui qu’il adorait dans sa présence eucharistique, élevant le Seigneur chaque jour à minuit pour déverser les bénédictions divines sur chacun et chacune.

Que Jésus miséricordieux l’accueille en disant : « Viens béni de mon Père, reçois en héritage le Royaume qui t’a été préparé depuis la fondation du monde » (Mt 25).

Qu’il continue de nous accompagner, d’une manière nouvelle, pour que nous découvrions toujours davantage l’étendue de l’amour dont nous sommes aimés par Dieu et sa Mère. Merci Martial .« 

Ecouter émission hommage : https://radiomaria.fr/podcasts/vous-mavez-visite/

Martial a succombé des suites d’un œdème pulmonaire car son état de santé avait été grandement fragilisé par un Covid long dont Jésus l’avait sauvé et il nous en avait raconté les péripéties :

Mon état de santé, déjà bien affecté au cours des années antérieures par de sérieux incidents cardiaques et pulmonaires, a poussé un médecin de mes connaissances à m’avertir sans détour, dès le début de l’épidémie Covid en France :

« Martial, faites très attention car ce virus « covid » constitue un grand danger pour vous ! Restez surtout confiné chez vous autant que possible ! Si vous devez sortir, demeurez extrêmement prudent en respectant scrupuleusement toutes les précautions sanitaires : masque, gel désinfectant, distance de sécurité, etc. »

Puis il m’a prévenu ainsi : « sachez que dans votre état, s’il vous arrivait d’être contaminé par ce virus, je tiens clairement à vous affirmer que cela pourrait s’avérer terrible. Je pense même qu’une hospitalisation serait inefficace dans votre cas. Il serait plus simple et donc préférable que vous restiez chez vous pour y mourir dans les jours qui suivront… »


Je comprends qu’il a ainsi prononcé une sorte de sentence un peu glaçante certes, mais en réalité, une vraie mise en garde que je dois donc prendre très au sérieux.

Je veille donc chaque jour à observer ses recommandations en m’efforçant de respecter aussi scrupuleusement que possible, les consignes sanitaires rendues publiques.

Je n’envisage pas le « vaccin », car comme beaucoup d’entre nous, je préfère attendre avec prudence … Et je diffère à plus tard en vue d’être en mesure de discerner et choisir le « meilleur » ou le mieux adapté à mon état actuel, parmi cette palette de nouveautés qui sont proposées au fil des mois par les laboratoires pharmaceutiques.

Les semaines passent, le monde entier traverse une période singulièrement difficile et tumultueuse. Les visages sont en partie cachés par les masques et nombreux sont les gens qui tombent sous l’emprise de la peur des uns et des autres : ils doivent s’écarter pour croiser une personne, voire changer de trottoir… les barrières pourraient se transformer en barricades … ?

Les rues semblent s’être figées silencieusement, comme endormies… Les églises et autres lieux de culte ne peuvent plus accueillir qu’un tout petit nombre de fidèles… Oui, le monde semble sombrer dans une période de grandes souffrances et donne l’impression de se déshumaniser. La vie s’organise différemment, on s’adapte à la situation et ce n’est pas sans mal que l’on se voit contraint de changer des habitudes qui étaient devenues confortables…

Faute de contacts, tant de personnes subissent alors leur fin de vie dans une solitude accablante …
Elles ne peuvent plus être visitées par leurs familles ou entourages d’amitié, et de surcroît, pas davantage de soutien ni d’accompagnement spirituel…

Que de renoncements qu’il convient d’accepter pour éviter de tomber dans le piège du découragement et de la désespérance fatale !

Dans les églises, des prêtres, un peu comme des héros, ne baissent pas les bras : alors que les bancs sont vides, ils continuent heureusement chaque jour à célébrer les liturgies ou à donner des conférences qui, finalement diffusées grâce à certains médias, nous rejoignent sur les écrans, dans les maisons où nous devons systématiquement demeurer confinés.

Le monde exprime spontanément sa gratitude envers tous les soignants qui dans les hôpitaux ou Ephads, sont évidemment éprouvés et souvent au bord de l’épuisement… Alors, dans les quartiers des villes, par les fenêtres et sur les balcons, ils sont unanimement applaudis pour leur mérite et leur courage…

Si dans les rues désertées les commerces semblent morts, nous ne voyons plus que les pompiers, les ambulances, la police et les pompes funèbres qui s’affairent encore pour faire face à ce surplus de travail devenu excessif …
Il en est ainsi chaque jour, le temps passe et rien ne change…

JUIN …

C’est dans ces circonstances que cet après-midi, en allant promener  »Olly », la petite chienne de notre famille, je suis saisi soudainement d’une grande fatigue. Nous sommes sur la longue esplanade du jeu de boules du village, fort heureusement jalonnée de bancs tous les dix mètres environ et sur chacun je dois m’asseoir pour reprendre mon souffle…

Le retour à la maison se révèle particulièrement difficile. Aussitôt rentrés, je fais part à « Chantal » mon épouse, de cette fatigue intense et de mon essoufflement… Inquiète, elle me conseille d’aller immédiatement chez le médecin qui exerce à quelques pas de chez nous.

Le docteur comprend tout de suite mon état après avoir pris la mesure de ma tension artérielle puis du taux d’oxygénation de mon sang : il me demande d’appeler immédiatement mon épouse au téléphone pour la prier de m’apporter mes papiers ainsi que quelques vêtements car il ne me laisse même pas rentrer chez moi. Il appelle alors les pompiers du village pour me conduire très vite au service des urgences du Pôle de Santé de GASSIN. Chantal est arrivée avec mes effets personnels, les pompiers également et me voici embarqué dans le fourgon sous les regards anxieux de mon épouse et des autres personnes qui se trouvaient dans la salle d’attente.

Arrivés au service des urgences, on s’occupe très vite de moi, puis on m’isole dans une chambre. Une infirmière masquée me rejoint pour pratiquer le prélèvement en vue du test de détection du virus « covid19 ».
Peu de temps après, le médecin urgentiste vient me confirmer ce que j’appréhendais intuitivement :

Je suis dès lors déclaré positif aux tests du « covid 19 » !… Je ferme les yeux quelques secondes en me disant « ça y est ! en ce début du mois de juin,
c’est parti … ! »

Accablé autant qu’angoissé, je m’interroge sur l’origine de ma contamination puisqu’il me semblait avoir pourtant bien respecté ce qu’il est convenu de nommer tristement les « gestes barrières » …
Effondré par cette très mauvaise nouvelle et cette accumulation d’évènements, comme saoulé par la fatigue, dans cette même chambre, je fini par sombrer dans un profond sommeil …

Dans la nuit, on me réveille pour me dire qu’une place est disponible pour m’accueillir en réanimation à l’hôpital de CANNES.
Sans attendre une ambulance vient me chercher, couché sur le brancard, nous voici en route vers Cannes. Je ne suis pas fier et je repense à ce que le médecin m’avait dit sur la gravité de mon cas si j’étais contaminé par ce virus…

Je sens des larmes couler sous mes yeux…Peut-être ne reverrai-je plus jamais ma famille et mes amis…
Je suis tellement fatigué que je ne peux pas prononcer un mot à l’intention de l’ambulancier qui est assis à côté de moi. Je ne fais qu’une prière très courte en disant à Jésus qu’en cet instant, je dépose avec confiance dans Son Cœur, tous les médecins, infirmières et personnels soignant qui vont s’occuper de moi, je Le remercie et mes yeux se ferment à nouveau de sommeil.

Je croyais avoir rêvé lorsque des bruits et des voix me réveillent ; je m’aperçois que nous sommes, en fait, arrivés à l’hôpital. Sur mon brancard on me débarque de l’ambulance, nous empruntons un ascenseur pour parvenir au service de réanimation où mon lit m’attend déjà. J’ai l’impression d’être sur une autre planète tout s’est déroulé si vite. Les soignants sont entièrement vêtus de blanc de la tête aux pieds, masqués sur le visage et des gants en latex aux mains…

Je suis réellement sur terre pourtant, ce que je ressens est très « bizarre ».
Me voici couché et, sans tarder, on me fait encore bénéficier d’une série d’examens, je me vois ensuite équipé de l’assistance respiratoire par oxygène et connecté par divers fils électriques à des appareils électroniques qui ne cessent d’émettre des bruits inconnus mais qui me font alors penser un peu à une « poule » automate qui « caquette ».
Rien de tout cela n’est agréable car je me sens, à ce moment, comme embarqué sur une « galère » indescriptible en route vers une destination inconnue, si bien qu’une profonde angoisse m’envahit et m’oppresse progressivement. Je passe ma nuit ainsi et au petit matin, très tôt, commence un va et vient de l’infirmière qui m’a pris en charge en vue d’effectuer d’autres examens et prises de sang. Peu de temps après, allongé sur un brancard, nous prenons un ascenseur pour procéder à un examen thoracique au scanner. C’est là que les imageries médicales révèlent effectivement que je fais l’objet d’une attaque virale fulgurante qui a même déjà provoqué la formation d’une plaie interne dans un de mes poumons. Nous revenons ensuite à ma chambre où une infirmière m’attend pour me poser un cathéter de perfusion.
Un médecin vient ensuite me visiter et j’en profite, au cours de notre échange, pour lui faire part de mon refus d’être intubé : il accepte et je suis rassuré.

Pendant que le temps s’écoule, le virus poursuit inexorablement ses ravages destructeurs dans mes poumons. Très vite les séquences d’insuffisances respiratoires se multiplient et la difficulté à les supporter ne fait que s’amplifier : « vite, de l’oxygène, plus d’oxygène, s’il vous plaît ! » C’est à chaque fois mon appel au secours… et les soignants très diligents, prompts autant qu’efficaces parviennent inlassablement à me soulager.

Ce virus Covid est encore peu connu et pose de bien nombreuses interrogations aux équipes médicales … En effet, les traitements actuels peuvent éventuellement s’avérer actifs voire bénéfiques pour un certain patient et, pour autant, se révéler clairement sans aucun effet pour un autre patient. Dès lors, les médecins se mettent en recherche, par essais successifs, du médicament qui va déclencher une réaction positive de mon organisme. Pour cela aussi, je les admire car cela n’est vraiment pas chose facile que de tâtonner à tout petits pas, alors que l’urgence prévaut…

La fréquence de mes périodes de détresse respiratoires s’accentue encore. Le caractère oppressant du temps qui passe s’ajoute à la très grande difficulté que j’éprouve à supporter les pics d’angoisse provoqués par l’effrayante sensation d’étouffement qui se produisent de plus en plus souvent au fil des jours …

A chaque fois que je sens venir l’étouffement, voilà que « la poule » se remet à « caqueter » bruyamment … appel aux soignants … pour ne se taire enfin, qu’au terme de chaque période critique dès lors que la crise s’est apaisée. C’est un peu comme si on venait me glisser « un sac plastique » sur la tête et bien serré, attaché au cou. C’est affreux, je vois bien les infirmières s’affairer pour m’aider à reprendre mon souffle pour me permettre de respirer enfin plus calmement …

Mais dans mon ressenti, à chaque fois qu’un « sac en plastique » descend sur ma tête, je me dis que c’est peut-être la dernière fois, puisque je crois que je vais mourir étouffé.
Je ne trouve aucun mot pour expliquer combien cette souffrance est atroce… Aussi, dès que le « sac » arrive, je fais une prière très courte en m’adressant à Jésus, lui disant :

« Jésus, Jésus, avec Toi sur la Croix, je m’offre avec amour et m’abandonne à toi dans cette souffrance … J’accepte ma part en espérant soulager un peu la Tienne ».

Il en est ainsi très fréquemment jours après jours… Dieu merci, les infirmières se comportent avec patience et délicatesse et surtout leur expérience remarquable leur permet d’opérer systématiquement à chaque alerte des « miracles » !
La preuve à cet égard, est que je suis encore vivant !

J’avoue néanmoins mon immense lassitude à l’issue de la somme incalculable des périodes de grande détresses respiratoires que j’ai vécues au long des journées écoulés !
Ma fatigue est devenue extrême, et mon angoisse permanente ! Mais avec la Grâce de Dieu, je tiens bon en luttant et surtout en m’efforçant de garder encore confiance.

Nous approchons de la fin du mois de juin et j’ignore combien de temps cette lourde épreuve va encore durer, et surtout, si je vais pouvoir tenir longtemps…
Lorsqu’un jour, je sens venir une fois de plus « le sac plastique », à ce moment précis, dans ma tête, j’entends comme une voix qui soudain, m’annonce :

« Tu vas souffrir atrocement, ça va être terrible, je te plains ».

Dès lors, je m’effondre et la peur s’empare de moi, si bien que je ne pense même plus à rejoindre Jésus dans mon cœur comme j’en avais pris l’habitude pour affronter les attaques précédentes.
La peur alliée à mon intense fatigue me fait penser : « tant pis, trop c’est trop, je n’en peux plus, je baisse les bras et me laisse partir ».

Je ne parviens plus à contrôler mon esprit …, lorsque soudainement, une autre voix se fait entendre à son tour dans mon cœur :

« Non Martial ! Ne baisse pas les bras car la vie est sacrée et ce serait là un acte grave de lâcheté. Pense à tous ceux qui prient pour toi, qui font célébrer des messes pour toi, dans bien des monastères tu es porté dans la prière et Je les connais tous ceux qui prient, Je les connais intimement par leurs prénoms et ils sont très nombreux. Je scrute le cœur de chacun et Je vois l’amour de charité qu’ils ont pour toi. Je vois combien, dans la foi et riches d’espérance, ils ont confiance en Moi !

Alors ne les trahis pas et ne te met pas en travers de Mon chemin car Je veux tous les exaucer. Si tu baisses les bras, Je ne pourrais pas les exaucer et certains d’entre eux pourraient se décourager et ne plus croire en la Puissance de la Prière, car J’exauce toutes les prières du cœur.

Je vois aussi ceux qui ne m’ont pas encore rencontré, ils n’ont pas encore la foi mais Je vois dans leurs cœurs l’amour qu’ils ont pour toi, et leur sincère espérance de te voir guérir au plus vite, et J’entends tout le bien qu’ils pensent de toi. D’autres, sans avoir forcément la foi, allument des bougies chez eux, ce qui est l’expression de leurs prières pour toi, puis il y a ceux qui, remplis d’espérance, entrent discrètement dans une église pour allumer un lumignon qu’ils déposent affectueusement dans l’espérance de ta guérison aux pieds de Ma Très Sainte Mère, la Vierge Marie. Eh bien eux aussi, Je veux les exaucer et chacune de ces flammes d’amour continuera à brûler dans Le Cœur de Ma Très Sainte Mère et dans le Mien… »

« Souviens-toi aussi, le soir où tu as été hospitalisé, dans l’ambulance tu étais très fatigué et tu n’avais pas la force de parler. Tu as cependant déposé dans Mon Cœur, les médecins, infirmières et tous les soignants qui s’occuperont de toi.

Tu as eu raison de le faire car leur dur métier est aussi une forme de vocation au service de la Vie et pour la protéger.

Eh bien Je t’ai exaucé : Je les ai tous pris dans Mon Cœur et sans le savoir ils ont été selon leurs talents, de précieux intercesseurs pour toi. Je vais même les garder dans Mon Cœur pour qu’ils fassent encore beaucoup de bien…

Alors relève les bras et réjouis-toi, Je te donne la Force de Mon Amour pour Me suivre jusqu’au bout.
Je te demande d’écrire ce témoignage, et dis bien à tous de ne jamais se lasser de prier. Ils seront exaucés et dis leur bien qu’il n’est pas encore trop tard.

A propos de la fin des temps, qu’ils ne gaspillent pas leurs temps à écouter sur les écrans, les faux prophètes. Pour ceux qui se posent des questions, toutes les réponses sont dans les Saintes Écritures. Qu’ils se laissent conduire par la Vierge Marie qui les mettra aussitôt dans la Joie et à l’abri sous Mon Aile, car c’est bien Moi qui suis leur Unique Refuge.

Oui, dis leur d’aimer toujours plus et de prier sans cesse, car Je veux sauver l’Humanité. Pour cela, Je vais avoir besoin d’eux, de l’offrande de leur vie en s’unissant à Moi sur la Croix qui est l’expression du plus grand Amour. J’attends aussi leurs sacrifices en réparation pour tout le mal de ce monde, pour toutes les atteintes à la Vie depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle,

pour toutes les atteintes contre la pureté et l’innocence…
En réparation pour l’indifférence, les outrages, les blasphèmes et sacrilèges et qui sont faits au Cœur Immaculé de Ma Très Sainte Mère, La Vierge Marie et à Mon Sacré-Cœur…

Je te demande d’écrire et de témoigner de tout cela. Pour ceux qui liront ou écouteront ce témoignage, la Vierge Marie, « Première de Cordée » du Monastère invisible de Jean-Paul II, les précèdera pour leur ouvrir le cœur afin que chacun d’eux lise ou entende avec son cœur, et beaucoup d’entre eux se convertiront…

Quant à toi Martial, si ta mémoire défaille, l’Esprit Saint sera là pour te rappeler Ma Parole et comme Je te l’ai déjà dit, Je te donne La Force de Mon Amour pour accomplir ta mission jusqu’au bout, malgré tes nombreuses misères et que La Paix soit avec toi… »

Inutile de réfléchir longuement pour discerner la différence des sources pour chacune des deux voix que j’ai entendue :
La première était négative, provocant la peur et le découragement au point même de m’entraîner sournoisement mais surement vers la mort… !

De toute évidence, c’était la voix de « l’autre », du grappin, de l’esprit du mal, de l’ennemi des âmes qui, jusqu’à la fin de notre vie, « comme un lion rugissant, rôde et va et vient à la recherche de sa proie » …

Son seul objectif consiste à essayer de nous éloigner de Notre Dieu d’Amour, de Compassion, de Tendresse et de Miséricorde.
Le Seigneur de La VIE Éternelle…

En revanche la seconde voix venait à l’évidence, du Seigneur Notre Père, dont Le Fils, Notre Unique Sauveur, Jésus-Christ Notre Libérateur qui, ne cesse de nous offrir Sa Vie sur la Croix est venu souffrir en moi : j’ai heureusement préféré l’accueillir en m’abandonnant totalement à Sa Volonté, puisqu’Il a parlé à mon cœur pour me faire comprendre le piège et m’inviter à choisir de l’écouter. Notre Bon Dieu a donc permis que je traverse cette épreuve avec l’aide de Jésus pour que mon témoignage écrit puisse rejoindre tous ceux qui le liront, et que je sois maintenant en mesure d’affirmer haut et fort : JÉSUS EST TOUJOURS VAINQUEUR ! Accueillez cette Vérité et Croyez !

Il m’a choisi pour vivre tout cela avec Lui, et j’ai répondu « Oui » !
Car ainsi, je sais que Jésus va offrir tant de Victoires à des âmes qui souvent auraient pu demeurer loin de La Lumière Éternelle…
C’est un bien Doux et Beau partage qu’Il m’offre à travers cette épreuve !

Tout ceci m’est arrivé au tout début de ma dernière « quasi-asphyxie ».
Je dois d’ailleurs préciser que tout ce que vous venez de prendre le temps de lire ou d’entendre, m’a été dit par le Seigneur en très peu de temps, qui m’a paru même n’être qu’un « instant de raison ».
La Grâce m’a réellement touché car Notre Sauveur Jésus Christ, voyant la foi de mes intercesseurs dans la Communion des Saints, m’a secouru et sorti de cette tempête terrifiante …
Un grand Merci à tous mes intercesseurs et à tous les soignants qui, avec tant de dévouement ont si bien pris soin de moi…
Je dois préciser que lorsque j’ai recouvré mon calme à l’issue de cette dernière « asphyxie », un passage de l’Evangile de Saint Luc, chapitre 5, versets 17 à 26 (voir le texte en dernière page), s’est, soudain, lumineusement inscrit dans mon cœur avec, en particulier ces trois mots que j’ai choisis de placer dans le titre de ce petit ouvrage :  »Voyant leur foi ‘

JUILLET…

Le mois de juin s’est écoulé, je suis enfin hors de danger si bien qu’on me transfère alors, du service de réanimation au service de pneumologie situé un étage plus haut. Ce sera un mois encore bien difficile à vivre et accepter, cependant la compétence des soignants qui est merveilleusement rassurante, m’a considérablement aidé !

Vraiment je constate chaque jour qui passe, que  » Tout est Grâce !  ».
Il m’est donné de nombreuses occasions de parler du Bon Dieu à différents membres du personnel. Deux d’entre eux, ont pris quelques minutes pour prier avec moi.

Quand une personne, médecin ou autre, sort de ma chambre, je lui demande avant de sortir si elle accepte que je la bénisse : je n’ai jamais essuyé de refus !
Un médecin ne sachant pas trop quelle position prendre pour recevoir la bénédiction incline légèrement la tête. Je lui explique que c’est le cœur qui compte et en lui expliquant rapidement ce qu’est une bénédiction de Dieu.

Au moment de sortir, il franchi la porte qu’il va fermer derrière lui, puis je la vois se rouvrir juste l’espace d’une tête, c’est le médecin qui me dit  » je vous remercie beaucoup car nous en avons bien besoin !  »
Quand l’Esprit Saint souffle, il ne fait pas semblant …

En cette fin du mois de juillet, je me prépare à quitter l’hôpital de Cannes pour aller en rééducation à la clinique spécialisée du « Mineur » à VENCE. Avant de partir, les médecins viennent dans la chambre pour échanger avec moi sur mon état de santé actuel me confient qu’ils ont eu très peur pour moi du fait des moments franchement dramatiques qu’ils m’ont vu traverser !

C’est pour eux un mystère que je sois encore en vie.
J’ai la réponse dans mon cœur, elle est un Trésor mais je préfère attendre et voudrais bien être « petite souris » le jour où ils parcourront ce témoignage que j’ai promis de leur faire parvenir …

AOUT …

Début août, j’arrive donc à Vence pour encore une longue période de rééducation, j’ai perdu plus de 20 kg et à bout de force, ne peux plus me tenir debout.
Quelle belle clinique ! Le Seigneur m’a fait la Grâce de bénéficier d’une chambre agréable aussi spacieuse que lumineuse, avec une porte fenêtre de la largeur de la pièce s’ouvrant sur un balcon privatif, offrant une vue magnifique sur les grands arbres du parc. J’ai récemment tant de fois frôlé la mort, qu’ici je suis émerveillé de tout ce que je peux à nouveau contempler. Le soleil et la mer à l’horizon, les arbres verts avec des couples de tourterelles, des chants d’oiseaux… Tiens, un papillon vient d’entrer dans la chambre, je n’en ai jamais vu d’aussi beau … Mon Dieu que la vie est belle ! Et combien je suis heureux de vivre !…

Les soignants également, je les trouve tous beaux et quelle joie d’entendre l’un d’entre eux, un responsable, me souhaiter la bienvenue ainsi :  » Nous allons tout faire pour que vous ne vous croyez plus dans un hôpital  »…
Malgré mes douleurs persistantes, ces paroles me font du bien, c’est un peu comme un début de renaissance …

Le deuxième jour, dès le matin, à 9h30, quelqu’un frappe à la porte. C’est un médecin qui s’était occupé de moi à l’hôpital de Cannes. Il est très cordial et après m’avoir salué il me dit : « je voulais simplement vous voir car vous nous avez causé bien des frayeurs ! C’est incroyable de vous voir ici sorti d’affaire » ! Sa visite est brève et surtout bien chaleureuse : elle résume en elle-même les si longs moments très difficiles que j’ai traversés au sein du service de réanimation de Cannes.

Ici à Vence, je me sens comme libéré !
Oui, je vais beaucoup mieux mais, pour autant, il subsiste encore beaucoup de travail et d’efforts à fournir pour que je sois en état de me remettre sur pieds.
Ce qui me fait encore également souffrir, c’est qu’ayant subit un choc traumatique pendant le mois de réanimation, j’ai besoin d’aller fréquemment consulter une psychologue car je suis sujet à ce que l’on appelle des  »flashbacks ».
Voici un exemple intéressant : Un matin, dans la salle de bain, assis sur ma chaise, je me trouvais devant le lavabo pour me laver les dents et tout semblait se dérouler normalement, soudain, ma vue se trouble et des acouphènes s’amplifient fortement. Lorsque je ressens ces genres de symptômes, j’ai pris l’habitude de presser la sonnerie d’alarme. Rapidement c’est un peu comme si ma tête se sépare de mon corps, elle s’en va. Je suis là, mais voici que ma tête est retournée deux mois en arrière et se trouve en salle de réanimation. Je pleure, c’est terrible, je vois les infirmières se débattre pour me faire respirer, je m’étouffe avec ce que j’appelle le  »sac plastique » fermé sur ma tête. Je souffre et pleure de plus en plus fort, un appel au secours.
Au son de l’alarme, les infirmières venues dans ma chambre interviennent tout de suite, elles me trouvent au lavabo, alors que dans ma tête je suis en réanimation. Elles comprennent très vite qu’il s’agit d’un  »flashback » si bien qu’en réalité, mon cœur bat normalement et mon taux d’oxygénation est nettement satisfaisant. Cependant, ma souffrance est terriblement réelle.
Elles sont deux, l’une d’elles me parle très doucement à l’oreille, pendant que l’autre me masse délicatement la nuque, le cou et la colonne vertébrale.
Si ma tête est ailleurs, j’entends résonner au loin cette voix si délicate et j’apprécie aussi la douceur des mains sur mon dos. Tout me paraît loin mais le contraste entre ma souffrance en réanimation et la douceur de la voix et du massage m’apaisent et, peu à peu, ma tête vient retrouver mon corps. Par quelques paroles et beaucoup de douceur, elles m’ont délivré et tout revient à la normale… Comment ne pas humblement autant que chaleureusement, remercier les infirmières qui ont compris que leur présence et leurs soins attentionnés peuvent bien souvent compléter voire- même remplacer peut-être avantageusement bien des médicaments …
Je ne peux oublier cela !

Les soignants ayant appris que je suis diacre dans l’église catholique, voient bien que je participe attentivement aux messes diffusées à la télévision ou sur mon téléphone. Ils remarquent que j’écoute des enseignements sur Radio Maria, ils aperçoivent mon chapelet sur la table ainsi que des livres spirituels et des médailles Miraculeuses de la rue du Bac. Interpelés, ils me posent des questions sur ce Dieu qu’ils ne connaissent pas ou très peu. Quatre prêtres ont pu me visiter, l’un d’eux m’a donné de recevoir le sacrement de la réconciliation et un autre celui des malades, un diacre et une dame membre du Monastère invisible de St Jean-Paul II, sont venus dans le parc pour me porter la communion. Eh bien oui, tout cela interpelle profondément les soignants et surtout les plus jeunes ; c’est ainsi que progressivement, de plus en plus de rencontres se font dans ma chambre pour parler du Bon Dieu…
Cette chambre est devenue comme une petite chapelle dont le tabernacle n’est autre que celui de mon cœur. Pour que Jésus soit pleinement disponible en moi et à travers moi, je veille à garder mon cœur ouvert, ce qui me fait devenir un Ostensoir vivant pour que soit présenté lumineusement Celui qui est, qui était et qui vient.

Jésus est là présent et bien vivant dans mon cœur et il se fait le serviteur, le prochain de tous ceux qu’il rencontre dans ma chambre et dans la clinique.
En fait, comme il n’y a pas de hasard, c’est Lui Jésus qui s’attire à Lui ceux qu’il veut rencontrer à travers moi…

Souvent des personnels de service, (désinfection ou autres) qui entrent pour la première fois, dès qu’ils accèdent dans la chambre poussent un grand soupir d’étonnement en disant  » Oh ! Quelle paix dans cette chambre, mais comme on se sent bien ici ! Je voudrais ne plus en sortir  »… Alors aussi vite que possible je leur parle de mon secret, le trésor de mon cœur et je les bénis…Certains reviennent me voir de temps en temps en fonction de leur disponibilité, et même si cela semble peu, ce que Jésus a semé dans leur cœur portera du fruit en temps voulu…

Le soutien et l’accompagnement spirituel en hôpital où partout ailleurs, comme cela fait du bien ! Un grand merci à tous ceux qui remplis d’amour se dévouent pour offrir cela.

Un grand merci également à ceux qui m’ont visité, ma famille, Bernard qui est diacre, et d’autres amis, surtout dans le dernier mois. À l’hôpital, c’était très difficile avec tous les soins intensifs et de plus, j’étais trop fatigué…
Merci aussi pour les très nombreux messages fraternels que j’ai reçus.

Le temps passe, les soins sont efficaces, c’est la fin du mois et je me prépare pour rentrer à la maison, retrouver mon épouse, ma famille et tous mes amis.
Dans le taxi-ambulance qui va me conduire, je bénis Dieu en me retournant une dernière fois vers la clinique, je remercie Le Seigneur d’avoir exaucé ma prière faite dans l’ambulance au tout début, et de m’avoir permis de bénéficier d’autant de miracles tous les jours.

Tout le long du parcours, je loue Dieu pour Sa Création, la mer et la campagne sont merveilleuses, j’ai envie de crier vive la vie, quand on s’est si souvent approché de la mort, il est plus facile de réaliser ensuite combien la vie est précieuse.

SEPTEMBRE …

Nous arrivons à La Garde-Freinet, mon village : je l’aime plus que jamais… Alors qu’est ce que cela va être en retrouvant Chantal mon épouse et toute ma famille ? Le taxi-ambulance se gare devant la maison, Chantal, les enfants et une amie sont là devant la porte pour m’accueillir et m’assister pour monter à l’étage.

Dans l’appartement, nous entendons beaucoup d’aboiements, c’est notre petite chienne « Olly » qui m’a déjà reconnu. Dès que la porte est ouverte, pour mon bonheur, Olly exprime sa joie en me sautant dessus. Cette retrouvaille familiale est un grand moment…

Ce mois de septembre, je le passe en vivant confiné à la maison pour être rigoureusement suivi médicalement. Mais ici j’ai le moral, je suis heureux malgré les grandes misères qui me font me trainer à cause de la fatigue.
Je dois impérativement m’alimenter mais j’ai la nausée en permanence, dès que je vois de la nourriture. Je ne peux marcher seul, il me faut être assisté par Chantal et je suis très vite essoufflé. En permanence des violentes démangeaisons, comme des brûlures, provoquent dans tout mon corps de telles douleurs qu’elles m’interdisent le minimum de repos nécessaire, ce qui ne diminue évidemment pas ma fatigue. D’autant qu’ayant perdu beaucoup de poids, l’ensemble de mes muscles ayant « fondu », et mes articulations devenues très douloureuses, tout cela contribue à mon état permanent de grande faiblesse physique.

Eh oui, c’est cela le fléau du virus « Covid » ! Je ne souhaite à personne de l’attraper et j’invite chacun au plus strict respect des règles sanitaires en vigueur que nous connaissons bien désormais.

J’ose espérer que ce témoignage pourra toucher ses lecteurs, car il reflète le plus fidèlement possible mon expérience personnellement vécue, et sans aucun doute, à ce jour, la plus terrible de ma vie.
A présent, je vais poursuivre courageusement les efforts restant à fournir pour me rétablir totalement et dès que possible et avec la Grâce de Dieu.

Toutefois, s’il me reste encore un certain temps à souffrir, je ne gâcherai rien, en continuant à offrir à Notre Bonne Maman du Ciel, la part qui me sera ainsi confiée en m’unissant par Elle, à Jésus sur la Croix Glorieuse, en vue de contribuer en toute humilité à Sa Victoire par la conversion de Son Humanité.

Mes petits « bobos » seront alors – je l’espère tant -, transformés en une magnifique histoire de collaboration d’Amour… en vue d’une prodigieuse « fécondité » … !

…Loué soit Jésus Christ et bénie soit Marie… ! Nous rendons Grâce à Vos Cœurs Unis !

Votre frère diacre Martial CODOU

Dieu appelle tous ceux que la société méprise à la Joie d'unir leur souffrance morale, physique ou spirituelle avec le Sacrifice du Christ en Croix pour le monde et l'Eglise